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Le fabuleux destin d’Arnold

Mon chemin à croisé celui d’Arnold par le plus grand des hasards. Arnold, c’est mon char.

A l’époque, je n’étais alors pas bien sûre de vouloir une voiture. Je venais de passer tout mon été au Québec sur le pouce (c’est-à-dire à faire du stop), et je commençais à en avoir marre d’être toujours dépendante des autres. Mais d’un autre côté, acheter une voiture impliquait beaucoup de frais (achat, plaque d’immatriculation, assurance, essence, éventuelles réparations…).

Je vivais alors à l’Anse Saint-Jean, et j’ai touché deux mots à mes collègues de travail, quant à mon éventuelle envie de faire l’acquisition d’une voiture. A peine deux jours plus tard, un de mes collègues m’annonce que le garagiste du village a une petite auto pas chère à me vendre. Je décide dons d’aller voir la bête, histoire de me donner une idée.

C’est là que je rencontre, pour la première fois, Arnold, Chevrolet Optra à la taille familiale, type break. Moi qui envisageais, si j’achetais une voiture, de partir en roadtrip avec et de dormir dedans, ça tombait bien. Après avoir fait le tour de l’auto et de ses caractéristiques avec le garagiste, celui-ci m’annonce son prix : 600$. Je le fais répéter, étonnée : juste 600$ ? La voiture a 180 000 km au compteur, date de 2005, et est, d’apparence, très propre.

J’hésite encore, car je ne sais pas si cela vaut le coup. Il faut dire aussi qu’il n’y a pas de contrôle technique obligatoire au Québec, alors c’est toujours quitte ou double quand on achète une voiture sans s’y connaître vraiment en mécanique. Le garagiste me donne une journée pour me décider : à ce prix là, d’autres gens sont intéressés derrière moi. Le lendemain, je retourne au garage, décidée : je la prend.

C’est à ce moment là que la fabuleuse épopée d’Arnold commence.

Pourquoi Arnold ? Parce qu’un autocollant sur le devant de la voiture (il n’y a pas de plaque d’immatriculation en avant des véhicules au Québec) le disait. J’ai donc supposé que c’était son nom. Si vous voulez rire, je n’ai appris qu’un an plus tard qu’Arnold était le nom d’un concessionnaire d’auto de la région….Si bien qu’en roulant dans Chicoutimi, on peut voir de nombreuses voitures avec le même autocollant dessus !! Quand j’ai vu ça, je me suis sentie peu originale…

Avec Arnold, on a parcouru le Québec ensemble : du Saguenay à Montréal, en passant par la Gaspésie, Québec et Charlevoix.

Arnold sur la route

Et puis, après qu’Arnold ai survécu à son premier hiver (malgré quelques attaques de la rouille du au sel étalé sur les routes), j’ai pris la décision, un peu irréfléchie, de partir dans l’Ouest avec. Oui, oui, j’ai décidé de traverser le Canada avec cette vieille voiture. Mais je ne voulais pas me contenter de rouler les 5000 kilomètres qui séparent Montréal de Vancouver. Ca aurait été trop simple. A la place, j’ai choisi de faire un détour via les Etats-Unis avec un itinéraire total de plus de 10 000 kilomètres. Et le plus drôle dans cette histoire, c’est que ce n’est même pas moi qui ai conduit Arnold sur toute cette route.

Ayant rencontré pendant l’hiver Jérémy et son van Bobby, nous avons décidé de partir ensemble, et de prêter ma voiture Arnold à des copains qui voulaient aussi partir en roadtrip dans l’Ouest ! Et c’est ainsi que Bobby & Arnold se sont suivies à travers un roadtrip épique à travers les Etats-Unis.

Roadtrip avec mon char Arnold & Bobby le van

Une fois arrivés à Vancouver, j’ai récupéré Arnold et je l’ai embarqué à travers la Colombie Britannique, sur l’île de Vancouver. Et puis, alors qu’Arnold avait commencé à montrer de nombreux signes de faiblesse et que je devais prendre l’avion pour rentrer en France, j’ai décidé, après un an de complicité, qu’il était temps que nos chemins se séparent. C’est ainsi que j’ai fait mes adieux à ce compagnon de route si fidèle. Arnold a été vendu (je vous épargne les nombreux détails) à Sébastien.

Ce-dernier étant Québécois, il souhaite prendre Arnold pour faire la route de retour jusqu’au Québec. Cependant, il est compliqué d’officialiser la vente. Pour que tout soir en règle, il aurait fallu qu’Arnold passe un contrôle technique en Colombie Britannique… A la place, on convient donc avec Sébastien que je l’ajoute sur mon contrat d’assurance comme conducteur le temps de son roadtrip. Et que dès qu’il est de retour à Montréal, il s’occupe des papiers pour faire l’acquisition officielle d’Arnold. Je laisse ainsi Arnold vers sa nouvelle vie.

Sébastien avec Arnold, en Arizona

Et puis, retournement de situation. Lorsque je rentre de France 2 mois plus tard, j’arrive au Québec à nouveau sans voiture. L’hiver est sur le point d’arriver, j’ai laissé des affaires à droite à gauche un peu partout au Québec. Et puis, je souhaite aller m’installer dans la région du Saguenay (très mal desservie par les transports en commun).

A ce moment même, Sébastien vient de rentrer à Montréal. Il me contacte concernant les papiers d’Arnold, pour effectuer le changement de propriétaire, comme nous l’avions convenu. Il me précise qu’il va d’ailleurs revendre sur le champ Arnold. Comme il vit à Montréal, il n’a pas besoin de la garder. Je vois là une opportunité. Après tout, la voiture m’appartient encore officiellement. Je réfléchi encore. Arnold n’est plus dans sa meilleure santé après tous les kilomètres qu’on lui a fait parcourir. Pour être honnête, je ne pensais même pas qu’elle allait réussir à revenir jusqu’au Québec.

Et puis, finalement, je me dis que l’opportunité est trop belle. Devinez donc qui vient me chercher à l’aéroport de Montréal, alors que je débarque tout juste de France ? Sébastien, avec Arnold !

Voilà maintenant plus d’un an et demi que je suis en possession d’Arnold. Ensemble on a quand même réussi à survivre à un second hiver (malgré de plus en plus de petits bobos). Avec toutes ces péripéties, et tout ce qu’Arnold m’a permis de vivre pendant mon PVT au Canada, pas une seule seconde je ne regrette de l’avoir acheté. Et j’en suis sûre, le moment où je devrais conduire Arnold à la cours à scrap, ce sera la fin d’une belle aventure.

Et pour savoir comment je m’organisais lorsque je vivais dans ma voiture, vous pouvez consulter ma liste de matériel indispensable pour un roadtrip.

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