randonnée microaventure chez soi
Randonnée,  Récit d'aventure

Micro aventure dans le Parc naturel des boucles de la Seine

Lorsque le déconfinement a été annoncé, je n’avais qu’une idée en tête : profiter de ma liberté pour partir à l’aventure, à pieds, et en pleine nature ! Le déconfinement étant progressif et la limite imposée étant de 100 kilomètres, je me suis dis que c’était l’occasion parfaite pour moi de (re)découvrir mon petit coin de Normandie.

Préparation de l’aventure

C’est avec un grand engouement que j’ai rempli mon nouveau sac à dos Osprey Sirrus de 36 litres. Dedans, j’y ai organisé l’ensemble de mon équipement habituel, pour la randonnée et le bivouac.

J’ai également été acheter de quoi m’approvisionner en nourriture pour cette randonnée de 3 jours en autonomie, et j’ai bouclé mon itinéraire en étudiant la carte et le tracé du chemin que je m’apprêtais à prendre : le GR 23.

Le GR 23

Le choix du lieu de ma micro-aventure n’a pas été évident tout de suite. Il n’est en effet pas facile de se résoudre à partir sur un sentier proche de chez soi quand on rêve depuis longtemps de partir sur un grand nombre de sentiers éloignés.

J’ai donc d’abord pensé au GR 21 qui longe la côte normande entre plages et falaises. Mais les plages n’étant alors pas encoure toutes réouvertes, je me suis dis que ce n’était pas la bonne option, surtout pour le bivouac.

J’ai ensuite pensé au GR 2, un chemin qui longe la Seine de Paris jusqu’au Havre, en passant par Rouen. Je pensais donc avoir trouvé le chemin idéal pour partir de chez moi à pieds. Mais en regardant de plus près le tracé de ce chemin de grande randonnée au départ de Rouen, je me suis rendue compte qu’il ne passait par de nombreux zones urbaines, ce qui ne m’enchantait pas.

J’avais besoin d’aventure, et surtout d’un moment en totale immersion dans la nature. J’ai donc poursuivi mes recherches de GR en Seine-Maritime…et je suis tombée sur le GR 23, un chemin de « grande » randonnée de 75 kilomètres seulement ! Allant de La bouille à Tancarville, son tracé m’a tout de suite séduit : beaucoup de sentiers de terre, longeant la seine ou traversant en plein cœur de la forêt de Brotonne, avant de se terminer dans le marais Vernier.

Mon choix était donc fait : je partirais 3 jours en totale autonomie sur le GR 23, pour 45 kilomètres entre la Bouille et Vieux-Port.

Jour 1 – 14 kilomètres

Il fait chaud, très chaud, lorsque je commence ma randonnée en début d’après-midi. Heureusement le chemin s’engouffre vite dans un sous bois suivant ainsi une vallée ombragée, jusqu’au village de Barneville-sur-seine.

Alors que je marche mes premiers kilomètres, je me rends vite compte que mon choix s’est porté sur le bon chemin : le tracé ne passe que très peu sur des grosses routes ou dans des villages. Je vais donc vivre une vraie aventure dans la nature, comme je les aime !

Le balisage du début du chemin me laisse toutefois quelques doutes quant à la faisabilité de cette aventure. Je me perds une première fois à la sortie du village de Caumont, ne trouvant pas le balisage qui a été effacé par le temps. Dans le doute, je reviens sur mes pas et vérifie à plusieurs reprises chaque intersection avant de m’engager dans un embranchement. Heureusement, à partir de Barneville-sur-seine, les balises rouges et blanches se font plus visibles (et plus récentes), ce qui me rassure grandement pour la suite de cette randonnée.

Je croise également sur mon chemin l’itinéraire des Miquelots vers le Mont Saint Michel. Cela me rempli de joie de croiser ce chemin que j’aimerais tant arpenter un jour.

Pour cette randonnée, j’ai ressorti mes sandales de marche que j’aime tant ! Et avec la température qu’il fait, je suis bien heureuse de pouvoir marcher les pieds à l’air.

Le chemin retourne ensuite vers la Seine, et je descends des falaises pour longer son bord sur un ancien chemin de halage.

Il n’est que 17h lorsque je commence à inspecter le paysage pour trouver un lieu où établir mon campement pour la nuit. Le soucis est que le sentier se trouve entre la Seine et les falaises, au pieds desquelles la végétation est très dense. Je préfère donc m’y prendre à l’avance pour être sûre de trouver un lieu où me poser avant que mon corps ne soit trop fatigué.

Alors que je marche en gardant espoir de trouver un petit espace dégagé à travers la végétation pour planter ma tente, je découvre un grand peuplier sous lequel les herbes et plantes sauvages n’ont pas réussi à pousser. C’est donc à l’abri de ce grand arbre que j’élis mon domicile pour la nuit.

En installant mon campement, je me rends compte que les moustiques sont nombreux et voraces. Je m’y attendais un peu en choisissant de dormir proche de la Seine… Heureusement, étant en Normandie et craignant la pluie, j’ai emporté mon tarp (toile de tente) avec moi, et celui-ci étant assez fermé, il me protège un minimum. Quelques moustiques plus futés que les autres arrivent cependant à passer par l’interstice entre le sol et mon tarp. Mais ils sont assez rares et je ne suis pas dérangée par l’infernal bzzz de moustique pendant la nuit.

Jour 2 – 16 kilomètres

Le lendemain, je me réveille très tôt, le jour est déjà là et les oiseaux chantent fort. Même si je me sens encore fatiguée, me réveiller ainsi en pleine nature me met toujours le sourire aux lèvres.

Après un bon petit-déjeuner, je replis mon campement et je reprends le chemin. Le ciel est couvert ce matin. Tant mieux, il fera moins chaud sous les nuages !

J’arrive au niveau du bac de Jumièges, mais je ne trouve aucun point d’eau potable dans ce petit hameau. Je demande alors à des particuliers en train de prendre leur petit-déjeuner dans le jardin s’ils peuvent me remplir ma poche à eau, ce qu’ils font très gentiment.

Passé ce petit hameau, le sentier grimpe en direction de la forêt de Brotonne. Un beau point de vue sur la Seine, s’offre au marcheur qui atteint le sommet, avant de s’enfoncer dans la forêt profonde.

Vers midi, je m’installe pour pique niquer mon repas et faire une petite sieste. Je me réveille en sursaut, par quelques gouttes de pluies. je remballe alors mes affaires et me dit qu’il faut que j’avance un peu avant que l’averse n’arrive.

Je continue à marcher tout l’après-midi sous les gouttes, et à l’abri des arbres, dans cette forêts si sombre à cause du ciel gris. Sans que je m’en aperçoive, le temps a un impact sur mon avancée et je ne ferais qu’une petite douzaine de kilomètres à travers la forêt sur cette journée complète.

Le soir, je trouve sans difficulté un lieu dégagé pour installer mon campement. Il faut dire que le chemin traverse la forêt sur plus de 20 kilomètres me laissant ainsi un espace naturel assez vaste ! Et puis, avec le temps qu’il a fait je n’ai croisé pas une seule personne de l’après-midi.

Jour 3 – 15 Kilomètres

Après une nuit un peu fraîche, je me réveille tranquillement. Il me reste encore une dizaine de kilomètres à parcourir ce matin à travers la forêt de Brotonne. Les nuages gris de la veille finissent pas être définitivement chassés par un grand soleil. Je croise un écureuil et deux biches qui s’enfuient en m’entendant arriver.

Après cette immersion en pleine forêt, l’arrivée sur les champs en friche avant de retrouver les bords de Seine, se présente à moi comme un changement brutal de décor.

Le sentier emprunte alors la « route des chaumières » à travers le village d’Aizier et de Vieux-Port, parsemés de belles bâtisses au toits de chaumes. Après un long moment en immersion dans la forêt, c’est très agréable de se promener dans ces charmants petits villages.

C’est sur le bord de la Seine, à côté de la petite église de Vieux-Port que se termine mon chemin. Cela aura été une belle micro-aventure qui m’a permis de m’immerger dans la nature, de profiter de belles nuits de bivouac, et de découvrir un peu plus ma propre région.

Et vous quelles sont vos prochaines micro-aventures ? 👣🌲✨

3 commentaires

  • Didier

    Quelle magnifique région… ma dernière visite normande commence à dater un tout p’tit peu !… 1994 ! mais ça ne donne qu’une envie, c’est d’y retourner en voyant tout ça ! De mon côté (pour l’instant) je ne fais que des randos à la journée autour de Nancy, la prochaine sera peut être au départ de Ludres afin de suivre le canal de jonction.
    Bon vagabondage à toutes et à tous !

  • Lambinet

    Je suis également de Normandie… je n’ai jamais pensé faire une randonnée en partant simplement de chez moi pour découvrir nos belles contrées. Ton récit m’a donné envie de le lancer! Merci
    Au plaisir de se croiser sur les sentiers normands 😉

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