accueil jacquaire pèlerin hospitalier
Chemin de Compostelle,  Équipement & Préparation,  Randonnée

Gîte, donativo, camping…où dormir sur le Chemin de Compostelle ?

La première fois que je suis partie pour une aventure de 3 mois en route vers Compostelle, je ne savais pas grand chose de ce chemin, ni de ses traditions. Si je ne connaissais pas non plus les différents types d’hébergements que l’on trouve tout au long du chemin, une chose était pourtant sûre : je voulais pratiquer le bivouac. J’ai donc choisi de partir avec mon matériel de bivouac sur le dos, me permettant ainsi d’être complètement autonome.

Toutefois, que ce soit sur la Voie du Puy en Velay comme sur le Camino Francés, gîtes, auberges, accueils pèlerins, campings et donativo sont très nombreux, et il est vraiment facile de trouver de quoi se loger à chaque étape.

Voici donc dans cet article un petit aperçu de l’offre et des différents hébergements que l’on peut trouver tout au long du Chemin de Compostelle, en France et en Espagne.

Gîtes en dortoir

En France comme en Espagne, on trouve très souvent des gîtes d’étapes (appelés albergues en Espagne), qui proposent un hébergement en dortoir. Cela signifie qu’il faudra partager sa chambre et sa salle de bain avec d’autres compagnons de route. Parfois, on y trouve également une cuisine partagée en libre service (mais pas toujours).

Certains gîtes sont communaux, d’autres sont privés. Les tarifs peuvent donc varier, mais restent souvent très raisonnables (étant donné que l’on partage la chambre).

La taille des chambres en dortoir peut varier considérablement. En France, les tailles sont souvent raisonnables, et peuvent aller de 2 à 10 lits environ. En Espagne en revanche, les (très très) grands dortoirs existent, allant jusqu’à plus de 200 lits dans le même espace ouvert. Il ne faut donc pas avoir peur de la cohabitation…et du risque de tomber sur des voisins ronfleurs !

Ces hébergements ont donc l’avantage d’être confortable sans être très couteux, et de pouvoir créer des échanges conviviaux avec d’autres pèlerins et certains hospitaliers. En revanche, dans certaines auberges immenses, l’accueil est plus froid (ou du moins plus automatique), et la foule de pèlerin qui y séjourne rend parfois l’atmosphère un peu plus aseptisée.

Hospitalités chrétiennes

Tout au long du chemin, vous trouverez également des hébergements et accueils tenus par des communautés chrétiennes. Ces lieux sont accessibles à tout pèlerin, que vous cheminez dans la foi chrétienne ou non. Vous pouvez donc, sans aucune obligation, participer aux offices religieux. Et si vous vous demandez quelle est l’importance de la religion Chrétienne sur le Chemin aujourd’hui, je vous invite à lire cet article : Faut-il être croyant pour faire Compostelle ?

On retrouve bien souvent dans ces hébergements les valeurs de l’hospitalité chrétienne, et il n’est pas rare de partager le repas du soir (ou même de le cuisiner ensemble) et le petit-déjeuner.

Vous pourrez trouver un guide (gratuit) de ces lieux d’accueil et d’hébergement chrétien sur le site WebCompostella.com. A ce jour, quatre guides sont disponibles : sur la voie du Puy en Velay, la voie d’Arles, la voie du Piémont pyrénéen et le Camino Francés : https://www.webcompostella.com/preparation/guide-des-haltes/

Le cas des Donativo

Le principe des hébergements en donativo, c’est de garder le Chemin accessible à tous, sans distinction de classe sociale ou de revenu.

Les Donativo sont des gîtes avec des chambres en dortoir, et sont en « participation libre« . C’est-à-dire que chacun y met le prix qu’il peut.

Mais, attention à ne pas confondre Donativo et gratuité. Une participation financière est toujours demandée, à hauteur de ce que chacun peut mettre. L’existence de ces gîtes repose sur les dons des pèlerins et si personne n’y met d’argent, ces hébergements se retrouvent contraints de fermer.

Généralement le repas du soir et celui du matin y est aussi proposé, sur le même principe de donation.

J’ai personnellement beaucoup apprécié ce type d’hébergement, pour le principe d’accueillir tout le monde, mais surtout parce que l’accueil y est bien souvent hyper chaleureux.

Autres hébergements (chambre d’hôte, gîte rural, hôtel…)

Il existe très souvent des alternatives un peu plus « haut de gamme » à tous les hébergements cités précédemment. Étant plus couteux, vous y trouverez souvent moins de pèlerins. Mais ces hébergements ont l’avantage d’être plus confortable, et de proposer des chambres privées si vous n’appréciez pas les dortoirs.

Campings

Il est possible de faire du camping tout au long du chemin de Compostelle avec son propre matériel, soit dans les campings municipaux ou privés, soit dans les jardins des gîtes pour pèlerins.

Dans les deux cas, la nuitée ne vous coutera que quelques euros (à moins de dormir dans un camping 4 étoiles où les tarifs peuvent monter).

En France, on trouve régulièrement des campings dans les villes et villages que l’on traverse, notamment sur la Voie du Puy en Velay. En Espagne, les campings « officiels » sont plus rares. On peut néanmoins très souvent demander à camper dans les jardins des gîtes.

La nuit en camping est selon moi une forme de compromis entre la nuit en gîte et la nuit en bivouac : on a accès à des sanitaires ainsi qu’une douche chaude, sans le confort d’un vrai lit, mais on peut profiter de la nature et d’un tarif bas.

Toutefois, je trouve personnellement que camper dans le jardin des gîtes est plus convivial que dans les campings municipaux. On y croise en effet beaucoup moins de pèlerins et on se retrouve souvent excentré du centre du village.

Si vous hésitez entre le camping, le bivouac ou les gîtes sur le Chemin, je vous invite à lire cet article : Gite ou bivouac sur le chemin de Compostelle ?

Faire du bivouac

Est-ce légal de faire du bivouac sur le Chemin de Compostelle ? Quel matériel choisir ? Quelles sont les règles de sécurité à respecter ? Comment trouver un lieu ?

Pour répondre à toutes ces questions, je vous invite à lire les autres articles de ce blog à ce sujet ou à télécharger ici mon Petit Guide du Bivouac (c’est gratuit !)

Ebook L'instant vagabond

Comment trouver les hébergements sur le chemin ?

Sur le chemin de nombreuses indications, panneaux, flèches et pancartes en tout genre vous indiqueront la présence d’un hébergement. Si vous souhaitez planifier vos étapes et connaitre à l’avance les hébergements qui existent, plusieurs guides et applications mobiles existent sur les différentes voies. Le Miam Miam Dodo reste toutefois le guide de référence, très pratique et très bien fait.

Quels sont les tarifs des différents hébergements ?

Pour tout connaitre sur les tarifs des hébergement et le budget global à prévoir, je vous invite à lire cet article : Quel budget pour Compostelle ?

Faut-il réserver son hébergement ?

En France, il est possible de réserver à l’avance les gîtes et ainsi planifier son itinéraire. Néanmoins, sur certaines voies telle que le GR 65 (Voie du Puy en Velay), les gîtes sont nombreux et il n’est pas obligatoire de réserver à l’avance. Cela vous laissera plus de flexibilité dans votre marche, au jour le jour.

Personnellement, j’avais vraiment envie de vivre le chemin de manière spontanée et de partir le matin sans savoir où je dormirais le soir. Je n’ai donc jamais réservé un seul gîte et cela ne m’a jamais posé aucun problème (je n’ai jamais eu de problème de place, même en arrivant parfois tard dans l’après-midi).

En Espagne, il n’est généralement pas possible de réserver les logements et c’est toujours le premier arrivé qui est le premier servi. Pour s’assurer d’avoir une place, il arrive donc que les pèlerins fassent la queue devant l’auberge en attendant que celle-ci n’ouvre.

Mais même si les gîtes les moins chers sont souvent vite remplis, il y a toujours plus d’offre que de demande et on trouve toujours un lit pour la nuit. Je pense que cette « course à l’auberge » n’est donc pas tellement justifiée, et dénature un peu la démarche du chemin…


2 commentaires

  • Zokupi

    Mercredi beaucoup pour cet article !

    J’ai fait le camino frances cet été, et a cause du COVID les réservations étaient possibles sur 90% des établissements. Il était impossible de ne pas réserver sur les 15 derniers jours, sous peine de n’avoir aucune place, avec l’augmentation des pèlerins sur les dernières centaines de kilomètres et les jauges a 30% de capacité dans les auberges en particulier en Galice. Nous avons dû renoncer à ce côté spontané malheureusement… En espérant que cela s’améliore dans les prochaines années en même temps que le crise sanitaire…

    • Suzanne - L'instant Vagabond

      Oui, c’est important de souligner qu’avec le contexte actuel la dynamique a en effet évolué..en espérant que cela puisse redevenir plus facile à un moment donné ! Merci pour ton retour 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *