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Bivouac,  Équipement & Préparation,  Randonnée

Astuces & conseils pour son premier bivouac d’hiver

Jusqu’alors, je pratiquais le bivouac au printemps, en été ou en automne. Mais faire du bivouac en plein hiver dans la neige me paraissait assez inaccessible. Et même si j’avais déjà fait l’expérience de traverser et dormir sur un lac gelé au Québec, je ne savais pas vraiment par où commencer pour le lancer dans le bivouac hivernal.

Pourtant, bivouaquer seule dans la neige me tentait vraiment. C’est pourquoi cette année je me suis préparée et entrainée adéquatement pour me lancer enfin dans cette nouvelle aventure !

J’ai donc décidé de prendre des informations sur internet, mais aussi de rencontrer des personnes qui en avaient déjà fait, afin d’échanger avec eux sur leur expérience. Enfin, j’ai aussi tenu à mettre en pratique les conseils et à tester sur le terrain une première nuit en conditions hivernales. Je vous propose donc dans cet article de partager avec vous tous les conseils et astuces pour un premier bivouac d’hiver réussi !

La routine du campement

Une fois avoir trouvé un emplacement où installer son campement pour la nuit, voici les étapes qui vont constituer votre routine du soir :

Faire fondre la neige ➡ Créer les espaces du campement (creuser et/ou tasser la neige) ➡ Monter la tente ➡ Installer les affaires dedans (et ouvrir le sac de couchage s’il est en plume) ➡ Récupérer et/ou couper du bois (optionnel) ➡ Se changer avec sa tenue du soir

Une fois tout cela effectué, il n’y a plus qu’à vous poser tranquillement pour allumer le feu et cuisiner et manger un bon repas chaud.

Planter sa tente

Planter correctement sa tente dans la neige est d’autant plus important que les conditions hivernales sont parfois rudes (températures négatives, vent violent, tempête de neige…). Voici donc quelques conseils pour bien installer votre tente :

  • Sur de la neige dure et gelées, il vous sera possible de planter votre tente à même le sol.
  • Sur de la neige molle, comme de la poudreuse, il est nécessaire de tasser la neige au maximum (avec vos skis ou raquettes), sous toute la partie habitable de la tente.
  • Si les conditions météos sont difficiles (vent, tempête…), il est préférable de creuser pour « enterrer » votre tente, et constituer un muret de neige tout autour (en laissant de l’espace entre le mur et les parois de la tente).
  • Pour planter la tente dans la neige, on peut utiliser différentes choses qui vont servir d’ancrages. S’il est nécessaire de bien ancrer la tente à cause d’une météo capricieuse, vous pouvez utiliser vos bâtons, vos skis et/ou vos raquettes comme ancrages, en les plantant à environ 50 cms de profondeur. Autrement, il est possible d’utiliser des sardines à neige, qui ressemblent à des sardines d’été classiques, mais ont plus de portée dans la neige, car elles sont plus large et plus grandes. La meilleure manière d’utiliser ces sardines, c’est de les enfouir dans la neige à l’horizontale (en y accrochant le hauban perpendiculairement). Puis il suffit de recouvrir le tout de neige, et de bien tasser. Enfin on peut utilise toute sorte d’objet qui servira de « corps-mort », à accrocher aux haubans de la tente. On peut par exemple prendre des sacs plastiques à remplir de neige.
  • Aménager l’entrée de la tente en creusant au niveau de l’abside. Cela permettra non seulement de rentrer moins de neige dans la tente, mais aussi de créer puits à froid efficace. Et puis, c’est très confortable de pouvoir s’asseoir sur le bord de la tente (les fesses bien isolée sur votre matelas) avec les pieds dans le trou creusé.
  • Dès que la tente est montée, n’oubliez pas de niveler les bosses sous l’emplacement de votre couchage. Car la neige est encore façonnable lorsque votre tente vient d’être montée (alors qu’une fois qu’elle aura gelé, elles sera dure comme du béton).

Faire fondre la neige

Si vous partez pour une seule nuit de bivouac, faire fondre la neige n’est pas nécessaire. Ce serait même se rajouter un difficulté alors que l’on peut tout simplement transporter l’eau dont on a besoin avec soi pour le soir et le lendemain matin.

En revanche, si vous partez pour plus longtemps, apprendre à faire fondre la neige devient important. Car en hiver, à moins d’avoir accès à un point d’eau, tout est gelé et la neige devient la seule source d’eau possible. Récolter de la neige uniquement sur le dessus, la plus fraîche possible et surtout, avec le moins de particules dedans. Bref, choisissez une neige qui vous parait la plus propre possible.

La neige est tout à fait consommable, mais il faut bien la faire bouillir avant de se servir de l’eau obtenue. Sur une courte aventure, consommer uniquement de la neige comme eau ne pose pas de soucis. Sur du plus long terme néanmoins il faut faire attention car la neige n’est pas minéralisée (elle ne s’est pas gorgée de sels minéraux en traversant le sol, vu qu’elle est uniquement en surface). Il est alors nécessaire de trouver des apports externes en sels minéraux pour ne pas avoir de carence.

Enfin, n’oubliez pas de partir avec assez de combustible pour votre aventure, car faire fondre de la neige est très long. Si vous utilisez de l’essence (c’est le combustible le plus performant par températures négatives), comptez à peu près 25 cl d’essence par jour, et par personne. Cette base de calcul est un peu large, afin d’être sûr d’avoir suffisamment.

L’astuce pour faciliter la fonte de la neige, est d’ajouter 1 à 2 cm d’eau (s’il vous en reste) dans le fond de votre popote.

Dormir au chaud

Avoir une tenue complète de rechange pour le soir et la nuit qui soit sèche : des sous-vêtements à toutes les couches par-dessus, il ne faut vraiment pas utiliser de vêtements que vous avez porté dans la journée, car ils risquent d’être humides, et ainsi de vous refroidir.

Équipez-vous d’un matelas avec un indice d’isolation élevé (le minimum à mes yeux étant une R-value au dessus de 4), et d’un sac de couchage conçu pour les températures négatives. La température de confort de votre sac de couchage doit être adaptée à la météo que vous allez rencontrer lors de votre bivouac. Pour vous donner un idée plus précise du matériel de bivouac à emmener en hiver, vous pouvez retrouver dans cet article (en cliquant ici) mon équipement pour une expédition hivernale sur les plateaux du Cézallier.

Enfin, afin d’avoir plus d’astuces pour dormir bien au chaud au cours de votre bivouac, je vous invite à regarder cette vidéo : 5 astuces pour ne pas avoir froid en bivouac

Faire un feu

Faire un feu le soir lors d’un bivouac hivernal, est d’un grand réconfort. C’est aussi un moyen d’ajouter une source de chaleur non négligeable. Et ce qui est chouette, contrairement à l’été où il faut faire beaucoup plus attention aux risques d’incendie, c’est que le feu étant sur la neige, il ne brûle pas le sol et n’abîme pas l’environnement ! De plus, on peut le recouvrir rapidement de neige le lendemain lorsqu’on repart.

Afin de faire partir votre feu rapidement, prévoyez de prendre un bon allume feu efficace (du coton imbibé de vaseline, des petits copeaux de bois gras ou encore du gel hydroalcoolique). De même, il est indispensable d’avoir au minimum deux, voire trois initiateurs de feu (briquet, allumettes, fire steel…), afin d’être sûr de pouvoir allumer votre feu (et votre réchaud !).

Pour créer un rond de feu en hiver, on peut creuser une dizaine de centimètre dans la neige. À l’intérieur, il est important de faire une base avec des morceaux de bois, afin d’isoler le feu du sol humide.

Un couteau à lampe fixe est utile pour faire du « bâtonnage » (des petits morceaux de bois). Car le bois récolté en hiver est souvent humide, puisqu’il est dans la neige. Pour couper des branches plus grosses, il est utile d’avoir également une petit scie rétractable.


Voilà vous connaissez maintenant tous les conseils et astuces que j’ai pu tester (et valider), lors de ma toute première nuit de bivouac en hiver ! Cette expérience à pour moi été très formatrice et m’a vraiment permis de me sentir plus à l’aise avec le bivouac dans la neige. D’ailleurs, suite à ça, j’ai pu me lancer dans ma grande aventure de 3 jours d’expédition d’hiver sur les plateaux du Cézallier.

Je précise aussi ici que les conditions hivernales peuvent être rudes et entrainer des difficultés plus grandes que dans la pratique du bivouac en saison estivale. Prenez donc vos précautions, préparez-vous comme il faut avant de partir, et ne vous mettez pas en danger. Mais, si vous lisez cet article c’est que vous êtes déjà dans la bonne démarche 😊


Enfin, pour en savoir plus, voici une vidéo de ma toute première expérience de bivouac hivernal, dans laquelle j’ai beaucoup appris ⬇

2 commentaires

  • Louise

    Bonjour Suzanne,
    Je commence par te remercier pour tout ce contenu : je prévois de partir seule faire Saint-Jacques et tous tes articles et vidéos sont extrêmement précieuses. Je me permets une petite question parce que je ne crois pas avoir vu, justement, d’information sur le bivouac et la randonnée en automne. Je vais partir du Puy en Velay début octobre (pour un mois, je ne dépasserai pas la frontière française cette fois-ci), as-tu des recommandations particulière ? Merci

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