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Bivouac,  Équipement & Préparation

Soigner les ampoules, piqûres et autres bobos en randonnée

Au cours de mes différentes aventures de randonnée et bivouac, il m’est souvent arrivé d’avoir des égratignures, des piqûres ou même des ampoules. Si ces petits désagréments paraissent d’abord anodins, ils peuvent pourtant venir poser des problèmes sur le long terme s’ils ne sont pas soignés correctement. Il est donc important de prendre soin de son corps tout au long de son aventure, et ce dès les premiers jours !

Ampoules et soins de pieds

Au cours de votre randonnée, ce sont vos pieds qui supportent le poids de votre corps ainsi que celui de votre sac à dos. Il est donc indispensable d’en prendre soin afin éviter au maximum d’avoir des ampoules ou toute autre douleur. Pour ce faire, je vous recommande de lire mon article complet sur le sujet : Prendre soin de ses pieds en randonnée.

Si, malgré les soins, vous n’avez pas pu éviter l’ampoule et qu’elle est désormais bien installée, deux possibilités s’offrent à vous : soit vous la laissez telle quelle, soit vous la percez avec une aiguille et du fil. Cette deuxième option consiste donc, dès qu’une ampoule douloureuse s’installe, à la percer à l’aide d’une aiguille préalablement désinfectée. Une fois le liquide sorti de l’ampoule, il faut bien la désinfecter et si possible l’assécher avec de l’éosine par exemple. Le but de cette opération est de faire en sorte que la peau se recolle naturellement. Attention, il ne faut jamais retirer (ou découper) la peau sur l’ampoule. Celle-ci sert à protéger la peau qui est à vif en-dessous.

Une fois l’ampoule désinfectée et asséchée, il faut passer un fil de couture (bien désinfecté au préalable) à l’intérieur de l’ampoule, à l’aide de l’aiguille. Le rôle de ce fil est de garder l’ampoule sèche et d’accélérer la cicatrisation. Laissez votre pied à l’air libre lorsque vous le pouvez le soir et la nuit. Le matin, pour la journée de marche, protégez votre ampoule avec un pansement propre ou avec une compresse stérile et du sparadrap. Répétez ces soins (désinfecter et assécher avec de l’éosine) tous les soirs. Ne touchez pas au fil de couture tant que l’ampoule n’est pas complètement guérie. Vous pourrez le retirer une fois que celle-ci sera bien sèche.

Piqûre d’abeille, de guêpe et de frelon

Pour reconnaître une piqure d’abeille à celle d’une guêpe, c’est assez simple : l’abeille est la seule qui laisse son dard dans la peau (cela ressemble à un petit point noir). Il faut alors réagir vite et le retirer dès que possible. Plus on attend et plus le sac à venin contenu dans le dard a le temps de se vider. Attention, si vous avez été piqué un grand nombre de fois (par un essaim par exemple), alors appelez immédiatement les secours, car la réaction peut être grave.

En cas de piqûre d’abeille :

  • 1. Grattez la zone parallèlement à la peau, à l’aide de votre ongle ou d’une carte en plastique (type carte de crédit) pour retirer le dard. C’est préférable de faire ainsi plutôt que de vouloir le tirer.
  • 2. Approchez la zone piquée d’une source de chaleur (bougie, briquet…). Puis refroidissez-la (avec de l’eau par exemple). Cette variation de chaleur contribuera à dénaturer le venin, limitant ainsi la douleur et les gonflements.
  • 3. Désinfectez la zone. Une piqûre doit être considérée comme une petite plaie, et il est donc important de la désinfecter.
  • 4. Prenez un anti-histaminique, surtout si vous savez que vous réagissez fortement aux piqûres. Cela permettra de lutter contre les démangeaisons et l’inflammation. Si la piqûre a touché une main, retirez les bagues pour éviter un effet garrot. Si possible, surélevez le membre touché.
  • 5. Surveillez la piqûre. Dans la majorité des cas, elle provoque seulement une réaction locale, c’est-à-dire un petit gonflement rouge, accompagné de démangeaisons.

Attention, en cas d’allergie, la réaction sera rapide et potentiellement fatale. Appelez donc immédiatement les secours. Il faut savoir qu’on peut devenir allergique aux piqûres d’abeille à tout âge.

Les piqûres de guêpes quant à elles peuvent provoquer une douleur intense. Elles peuvent aussi déclencher une réaction allergique grave. Dans ce cas, appelez les secours le plus rapidement possible. Si vous êtes piqué et que vous ne présentez pas de symptômes graves, procédez de la même manière que pour une piqûre d’abeille. Vous pouvez également prendre un anti-douleur si vous avez mal.

En cas de piqûre d’un frelon, la dangerosité du venin est la même que pour celui des abeilles et des guêpes. Si la réaction reste locale, vous pouvez suivre le même protocole que pour une piqûre d’abeille. Si une réaction allergique grave survient ou si vous avez été piqué plusieurs fois (un même frelon peut piquer à plusieurs reprises), appelez le 15 ou le 112.

Morsure de tiques

Les tiques sont des acariens parasites qui se nourrissent du sang de leurs hôtes. Ils vivent principalement dans les zones boisées et humides, mais on en trouve également dans les zones herbeuses (prairies, parcs, bordures de chemin…). La façon la plus évidente d’identifier une morsure, c’est de constater la tique encore attachée à la peau. En effet, une fois qu’elle a mordu, la tique reste plantée dans la peau de sa victime afin de se nourrir. La morsure d’une tique est indolore, mais se caractérise par une tache rouge intense qui peut démanger.

Le réel risque de la morsure de la tique, c’est qu’elle peut transmettre la bactérie responsable de la maladie de Lyme. C’est pourquoi il faut la détecter et la retirer le plus rapidement possible. En effet, si la tique est porteuse de cette bactérie, le risque de transmission augmente avec la durée d’attachement à la peau.

Après une journée de randonnée, il est donc recommandé d’examiner son corps entier chaque soir. L’examen doit être minutieux car les tiques sont de petite taille (la nymphe ne mesure que 1 à 3 mm) et peuvent se situer partout (aisselles, plis des genoux, nombril, cuir chevelu…).

Pour extraire une tique correctement, utilisez un tire-tique :

  • 1. Agrippez délicatement la tique au plus près de la peau. Faites tourner le tique-tique et tirez doucement. Ce mouvement de traction-rotation, réalisé perpendiculairement à la peau, permet de retirer la tique sans lui arracher la tête.
  • 2. Ne recommencez pas l’opération si vous n’avez pas réussi à retirer toute la tête du premier coup. Dans ce cas, il est recommandé de vous rendre dans une pharmacie dès que vous le pourrez.
  • 3. Désinfectez la peau une fois la tique retirée. N’appliquez aucun produit si celle-ci est encore dans votre peau.

Surveiller la zone de peau mordue par la tique pendant un mois. Une petite plaque rouge peut apparaître. Il s’agit d’une réaction normale à la salive de la tique et cela ne veut pas dire qu’il y a eu contamination par la bactérie. En revanche, si vous voyez apparaître une plaque rouge inflammatoire qui s’étend, consultez impérativement un médecin car c’est un symptôme de la maladie de Lyme. Un traitement antibiotique est alors nécessaire.

Égratignures, éraflures et plaies superficielles

Les égratignures, éraflures et petites plaies bénignes peuvent vite arriver en randonnée et bivouac. Toute plaie cutanée nécessite des soins pour éviter les infections et pour pouvoir continuer son aventure sereinement. Attention, si vous vous blessez et constatez une plaie grave, il faut appeler les secours.

En cas de plaie superficielle et peu étendue :

  • 1. Lavez-vous les mains.
  • 2. Nettoyez la plaie. Pour ôter le sang, les débris et les salissures, passez la plaie sous un filet d’eau à température ambiante (évitez l’eau trop froide). Vous pouvez aussi nettoyer la plaie avec du sérum physiologique.
  • 3. Désinfectez la plaie, avec une compresse et un antiseptique pour éviter le développement de bactéries.
  • 4. Protégez la plaie. Recouvrez-la d’un pansement adhésif prêt à l’emploi ou confectionné vous-même, avec une compresse stérile et un sparadrap.
  • 5. Facilitez la cicatrisation de la plaie. Si la plaie est une coupure peu profonde et bien propre, vous pouvez poser des bandelettes adhésives de suture. Elles aident à rapprocher les bords de la plaie, afin de favoriser une bonne cicatrisation.

Brûlures

Lorsqu’on pratique la randonnée avec bivouac, le risque de brûlure n’est pas inexistant (utilisation de réchaud, briquet, ou une cordelette qui glisse entre ses doigts…). On détermine la gravité d’une brûlure en fonction de son étendu, sa location, sa profondeur ainsi que son origine (brûlure électrique…). On dit qu’une brûlure est au premier degré lorsque seule la peau superficielle est touchée. Une brûlure au second degré, elle, touche la peau superficielle ainsi que celle en profondeur. Quant à la brûlure au troisième degré, la peau, ainsi que les terminaisons nerveuses sont touchées.

Dans le cas d’un petite brûlure de premier ou second degré, vous pouvez la soigner vous-même. Par contre, si la brûlure couvre une grande surface, il faut tout de même appeler le 15 pour avoir un avis médical. Pour toute brûlure au-delà, appelez les secours.

En cas de brûlure de premier ou second degré :

  • 1. Refroidissez la zone brûlée. Pour ce faire, pratiquez la règle des trois 15 : 15 minutes sous l’eau, à 15 degrés (fraîche) et à 15 centimètres de la zone touchée. Il ne faut pas mettre d’eau directement sur la brûlure.
  • 2. Désinfectez la zone brûlée. Tamponnez-la avec une compresse stérile imbibée de désinfectant, puis séchez-la avec une compresse propre.
  • 3. Protégez la zone brûlée. Si la brûlure est trop douloureuse, vous pouvez choisir de faire demi tour et rentrer chez vous pour la soigner. Si en revanche vous souhaitez poursuivre votre aventure, il est possible de prendre un anti-douleur et d’appliquer un pansement gras. Vous pouvez également mettre un pansement hydrocolloïde ou un pansement hydrogel qui forment un gel humide favorable à la cicatrisation.

Voilà, vous connaissez maintenant la procédure à suivre en cas de blessure bénigne au cours de vos randonnées et bivouac. N’oubliez pas qu’en cas de doute, vous pouvez toujours composer le 15 pour avoir un avis médical. Et pour vous préparer convenablement pour partir à l’aventure, ces articles pourraient vous aider : Mon matériel de bivouac & Bivouac : mode d’emploi.

Retrouvez également tous mes conseils et astuces ainsi que des itinéraires pour le bivouac dans mon livre « Partir en bivouac, le guide pour oser l’aventure » :

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