
Et si la passion du voyage ne s’estompait jamais?
Je m’étais donné 5 ans pour vivre à fond ma passion du voyage. Cinq ans pour voyager autant que je le voulais. Et puis, ces cinq années se sont écoulées, à une vitesse impressionnante. J’étais persuadée qu’à un moment donné j’aurais envie de m’installer pour de bon, de me poser quelque part et de m’engager sur un projet à long terme. Pourtant, je ressens aujourd’hui autant qu’avant, sinon plus, le besoin de partir à l’aventure, vivre de nouvelles expériences, explorer de nouveaux lieux. Certes, j’ai changé au fil du temps, ma manière de voyager s’est transformée et mes projets ont évolué, mais la passion et l’envie irrépressible de voyager sont toujours là.
A la fin de mes études, mon diplôme en poche, j’ai décidé de tout quitter, et partir deux mois, seule, avec mon sac sur le dos, à explorer la côte Ouest des États-Unis. Je n’étais vraiment pas bien sûre de ce dans quoi de m’engageais, mais je savais que cela faisait déjà un certain temps que cette envie de partir était en moi et que j’étais en train de réaliser quelque chose qui me tenait à cœur.
Je ne vous cache pas que quelques jours avant mon départ pourtant, j’avais beaucoup de doutes, j’avais peur, et j’étais à deux doigts d’annuler mon vol. Une petite voix me criait : « Mais qu’es-tu en train de faire ? Dans quoi te lances-tu ? ». Je n’avais aucune idée de ce que je m’apprêtais à faire, n’avais rien planifié du tout, pas beaucoup d’argent en poche, et surtout, j’avais décidé que j’allais faire du couchsurfing tout au long de mon voyage. J’ai pris mon courage à deux mains, et le jour J j’ai embarqué dans l’avion. Ça a surement été la meilleure décision que je n’ai jamais prise. Ce voyage a bouleversé ma vision des choses, fait remettre en question tous mes objectifs personnels, et mis une seule idée dans ma tête : VOYAGER.
Partir seule à la rencontre de l’inconnu a réellement été une découverte pour moi. Je me souviens encore m’être dit : « jamais je ne pensais pouvoir vivre cela dans ma vie ». Tout était nouveau et excitant. J’allais de place en place, au fil des rencontres, les cheveux au vent, et en totale confiance. Voyager seule m’a permis de goûter à un vent de liberté et, par-dessus tout, m’a transformée. J’ai toujours été d’une nature très timide, et pourtant, en partant toute seule à l’autre bout du monde, je n’ai eu aucun problème à faire de nouvelles rencontres. Car, en étant seule, je me sentais plus ouverte aux autres, plus attentive à ce qui m’entourait et donc dans un état d’esprit plus propice à rencontrer du monde. De fait, le quotidien dans lequel je vivais me faisait croire que j’étais une timide incurable et m’emprisonnait dans cette étiquette. En me cataloguant parmi les introverties, je m’empêchais d’aller au-delà de cette pensée et d’avoir une vision claire de qui j’étais, et qui je voulais devenir. En me sortant de ce quotidien, le voyage m’a offert le recul nécessaire et m’a permis de regarder plus en profondeur les idées, les envies, les projets qui ont toujours été présents, mais restaient enfouis tout au fond de moi-même. Je m’autorisais enfin à me découvrir pleinement, telle que je suis, et à apprendre à être en phase avec moi-même. Et puis, je me suis aussi rendue compte que j’avais vraiment la possibilité de prendre en main ma propre vie, plutôt que de la subir. J’en avais avant plus ou moins conscience, mais le voyage m’a aidé à ouvrir les yeux.
Bien sûr, ça n’était pas rassurant de tout quitter toute seule, il faut se livrer totalement au dépaysement, à l’inconnu. Mais dès que j’ai dépassé ce stade de la peur, en m’apercevant que j’étais tout à fait capable de me débrouiller seule, de visiter, et rencontrer de nouvelles personnes, je suis entrée en confiance. Et alors tout s’est fait naturellement : à chaque nouvelle opportunité ou changement de programme, je n’avais aucune contrainte, aucune limite. Rien ne m’empêchait de faire ce que je voulais quand je voulais, et de suivre mes propres envies, à mon rythme. Je façonnais mon voyage au fil des jours. Je rencontrais des compagnons de voyage sur la route dont je me séparais dès que nos envies divergeaient. Si j’appréciais un endroit, j’y restais, si un autre me déplaisait, je partais.
Bref, c’était pour moi la liberté. Et en rentrant de cette aventure incroyable c’était décidé : je voulais continuer à voyager. Tant pis pour mes études et ma carrière qui était censée m’attendre à Paris. J’étais absolument sûre de ne pas vouloir de cela.
J’ai donc continué à voyager et faire des petits jobs lorsque je rentrais au France pour mettre de l’argent de côté, et repartir à nouveau. J’ai ainsi appris que l’on a vraiment pas besoin de beaucoup pour voyager, que ce soit des objets comme de l’argent. Il existe des tas de manière de voyager autrement. Et au fil de mes voyages, j’ai commencé à ressentir le besoin de prendre plus de temps, mais aussi de prendre part à des projets sur place. Être sans cesse sur la route m’a enrichit sur le plan personnel et j’en ai appris beaucoup sur moi-même. Maintenant, j’avais besoin de plus en apprendre sur les autres et sur les lieux que je traversais. J’ai donc commencé à voyager autrement, à faire du bénévolat pendant un ou deux mois dans un même endroit. Cela m’a permis de réellement m’impliquer dans la vie locale et souvent de découvrir des petits villages qui n’auraient même pas été sur mon chemin si je n’étais que de passage. Je pense aussi qu’au bout d’un certain temps à toujours être en mouvement et être entourée de nouvelles personnes que je ne connais pas réellement, j’avais besoin de me sentir plus ancrée dans un lieu, d’avoir un sentiment d’appartenance, de me familiariser avec des gens et un même environnement sur de plus longues périodes.


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Alors qu’en est-il alors aujourd’hui ? Quand je me retourne et que je me vois il y a cinq de cela, je suis stupéfaite, et si reconnaissante. Si je me trouvais face à moi-même lorsque j’avais 20 ans, tout juste diplômée, je pense que je me reconnaitrais pas tant j’ai changé. Et je m’émerveille devant cette incroyable capacité que nous avons à évoluer continuellement. C’est génial de savoir que nous changeons constamment, que nous nous enrichissons à chaque instant un peu plus. Bien sûr, on n’est pas obligé de voyager pour évoluer, me direz-vous. Mais le déplacement physique, sortir de sa fameuse « zone de confort », s’extraire de son quotidien pour se plonger dans l’inconnu entraine bien souvent une transformation personnelle plus rapide, plus intense.
Et puis, plus j’ai été voyager loin, et plus j’avais envie de mieux connaître l’Europe et la France, mon pays d’origine. J’ai appris à l’apprécier et le voir d’une autre manière. Lorsque je rentre désormais « chez moi », c’est avec grand plaisir, car je vois les choses sous un autre angle, j’explore plus, je vais vers les gens, je m’interroge, je découvre. Car je suis persuadée que chaque personne que je rencontre à toujours quelque chose à m’apprendre et que même les lieux que j’ai fréquenté toute ma jeunesse peuvent encore me surprendre.
Et c’est bien pour cela qu’aujourd’hui, encore plus qu’avant, je n’ai pas envie de rentrer dans une vie conventionnelle, dans une routine peu épanouissante. Je brûle de continuer à voyager, de m’impliquer dans toute sorte de projets différents et enrichissants à travers le monde. De vivre a never ending adventure time.
Finalement, n’y a-t-il pas juste la manière de voyager qui évolue au fil de nos voyages ? La passion, elle, reste là.
Je sais que la vie vaut la peine d’être vécue, que le bonheur est accessible, qu’il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à se qu’on aime dans un abandon total de soi. La promesse de l’Aube, Romain Gary
Et puis, si certains trouvent cela « triste » de voyager tout seuls, je les encourage doublement à le faire (et j’en parle plus amplement dans cet article : Pourquoi voyager en solitaire ?). Car la relation à l’autre est complètement différente lorsqu’on voyage seule, contrairement à si on voyage avec quelqu’un que l’on connait. Seul on est plus disponible, plus ouvert à l’autre et au partage. Tellement, qu’on est rarement seul en voyage. Et bien souvent on rentre des gens incroyables, voyageurs ou locaux, qui nous apprennent tant de choses, nous font découvrir une nouvelle vision sur la vie, et bien souvent nous encouragent à continuer à voyager. Et même parfois, on crée des liens très forts avec des gens qu’on vient à peine de rencontrer.
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J’espère que cet article vous donnera à vous aussi le goût de prendre la route pour explorer de nouveaux horizons ! Et pour continuer cette réflexion sur le voyage au cœur de son mode de vie, je vous invite à lire ces articles : Le début du voyage : Comment je suis devenue nomade &Voyage de Consommation.
La Bucket-List Canada
Randonnée en solitaire aux îles Canaries
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2 commentaires
France de Vancouver
tu seras toujours une eternel voyageuse peut-etre !!1
L'Instant Vagabond
Oh oui je pense que je le serais toujours, au moins de coeur 😀