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10 jours sur le Camino del Norte : retour d’expérience

Après vous avoir présenté ma préparation pour le Camino Del Norte sur lequel je suis partie 10 jours d’Irun à Bilbao, j’avais envie de revenir sur mon expérience avec un petit article !

Mon parcours et étapes

Comme d’habitude, j’aime marcher sur le Chemin de Compostelle sans ne rien prévoir de mes étapes ni de mon parcours. C’est ce que j’ai donc fait sur le Camino del Norte et cela s’est avéré très facile. Les auberges sont régulières, les points d’eau et de ravitaillement également.

Voici donc mes étapes sur 10 jours : Cap Figuier ➡ 17 km Quelque part dans la nature ➡ 15 km San Sebastian ➡ 16 km Quelque part dans la nature ➡ 16 km Zumaia ➡ 26 km Deba ➡ 22 km Markina ➡ 23 km Un peu avant Gernika ➡ 19 km Larrabetzu ➡ 14 km Bilbao

(A noter que j’ai commencé mon chemin sur le GR 121 du Cap Figuier jusque San Sebastian, où j’ai ensuite retrouvé le Camino Del Norte sur lequel j’ai continué jusque Bilbao.)

Mes impressions sur le Camino Del Norte

D’abord, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment beaucoup moins de monde que sur le Camino Frances que j’avais parcouru l’année précédente. Les auberges où j’ai été étaient toutes à demi pleine seulement (et pourtant je suis partie au mois de Juin).

Sur la portion que j’ai prise, il y avait beaucoup d’auberges en donativo ou seulement à 5€ la nuit, ce qui était vraiment au top. De plus, étaient bien souvent plus petites, ce qui est agréable. Du coup, sur 10 jours je n’ai fait que 4 nuits en bivouac et j’ai bien profité des auberges.

C’est sur le Camino del Norte que j’ai pour la première fois entendu dire qu’il fallait cacher son porte feuille et son téléphone dans le fond de son sac de couchage la nuit dans les auberges, pour ne pas se les faire voler… je prenais déjà des précautions sur le Camino Frances (comme par exemple de prendre mes affaires de valeurs sur moi dès que je quitte le dortoir), mais on ne m’avait encore jamais recommandé d’en arriver à les cacher pendant la nuit !

On trouve sur la route beaucoup de lieux emblématiques (ermitages, couvents, églises…) mais beaucoup malheureusement sont fermés…je dois dire que j’en ai été un peu déçue. De plus, le chemin est relativement régulièrement sur de la route goudronnée, dans les terres. Je me suis donc posée beaucoup de questions sur l’intérêt du tracé du Camino Del Norte, sachant qu’il ne longe pas si souvent à même la côte (tandis que le sentier du littoral GR 121, lui, longe véritablement la côte et offre des points de vue sublime !). J’ai donc à plusieurs reprises hésité à bifurquer de nouveau sur ce sentier plutôt que le Camino. Mais je ne l’ai finalement pas fait car cela aurait aussi voulut dire de perdre l’esprit du pèlerinage…

Au mois de Juin, j’ai rencontré beaucoup de moustiques les nuits de bivouac (malgré mon tarp), et même certaines nuits dans les auberges ! Si c’était à refaire, je prendrais de l’huile essentielle de citronnelle pour les éloigner, voire j’opterais pour la moustiquaire en plus de mon tarp.

Enfin, c’était pour moi la première fois que je faisais uniquement une portion de chemin, alors que j’avais fait mon premier Compostelle en une seule fois. C’était donc assez frustrant pour moi de devoir m’arrêter en route. Surtout que j’avais l’impression que mon corps et mon esprit commençaient tout juste à se mettre dans le chemin. Que je commençais à avoir mon rythme et retrouver ma légèreté de pèlerine.

Après 5 premiers jours j’ai réalisé une petite vidéo dans laquelle je donne mes premières impressions du chemin :

Question matériel et équipement

La liste de tout mon matériel précis pour cette randonnée se trouve dans cet article.

J’utilise depuis un certain temps le même matériel qui me convient très bien. Toutefois j’ai fait quelques changements sur le Camino Del Norte et je voulais revenir sur cet équipement là.

Mes chaussures basses de « randonnée rapide«

Si elles s’avèrent peu efficaces dès qu’il pleut puisqu’elles ne sont pas imperméables, elles sont en revanche très agréables à porter lors des grosses chaleurs comme cela a été le cas sur le Camino Del Norte. Très respirantes, je n’avais absolument pas chaud aux pieds ! De plus, la semelles souple m’a permis de ne pas avoir à répéter mes mésaventures avec mes chaussures de trek hautes sur le Camino Frances qui me faisaient si mal aux pieds !

Je trouve donc qu’elles étaient très bien adapté au Camino Del Norte qui varie entre route de goudron et passages forestiers plus vallonnés.

Enfin, le gros avantage c’est aussi qu’elles sont légères (à peine 500gr la paire!) et que cela me permet de les porter dans mon sac à dos les jours où je souhaite marcher avec mes sandales (et dans mon cas, j’étais tellement bien avec ces chaussures que je n’ai pas éprouvé le besoin de porter mes sandales de randonnée la journée, j’aurais donc pu économiser du poids en ne prenant que des claquettes pour le soir…mais je dois avouer que j’aime avoir la sécurité des 2 paires de chaussures avec lesquelles marcher que je peux alterner si besoin).

Mon réchaud à bois

Sur le Camino del Norte j’ai décidé de partir avec un réchaud à bois (j’avais un réchaud à alcool fabriqué à partir d’une canette sur le Camino Frances). Je trouvais que c’est un gain de poids, puisqu’il n’y a pas besoin de porter de combustible sur soi. J’avais donc juste pris de l’allume feu et je ramassais le bois en chemin, ce qui s’est avéré simple à faire.

Je n’avais pas envie d’investir dans un réchaud à bois sans savoir si cela allait me convenir ou non. J’ai donc décidé de me fabriquer moi-même mon réchaud en inox avec un égouttoir à couvert que j’ai découpé et assemblé. Je l’ai essayé pour la première fois sur le Camino del Norte, et il a très bien fait l’affaire ! Il est très stable, aéré pour que le feu prenne bien et rapidement.

Je n’ai trouvé que 2 petits inconvénient au réchaud à bois : Il faut être prévoyant et trouver du bois là où on bivouaque. La popote devient noire et la suie salit vite les mains !

Il est évident qu’il faut aussi prendre prendre des précautions : avoir de l’eau en quantité si un feu se déclarerait et bien éteindre la braise avant de partir du lieu de bivouac. Mais lorsqu’on me parle des risques du réchaud à bois, je trouve que le réchaud à alcool n’est pas beaucoup plus sécuritaire. Il existe en effet toujours le risque de renverser l’alcool, qui peut tout aussi facilement déclencher un feu de forêt. Et puis, avec l’alcool à brûler, on transporte quand même sur soi un produits hautement inflammable… ! Je pense donc qu’à partir du moment où on a un réchaud, il faut savoir faire attention.

Voici en vidéo, ce que donne mon réchaud à bois :

Ma bouteille de 500ml qui se transforme en douche

J’avais déjà emmené cette bouteille d’eau de 500ml lorsque j’étais partie 4 jours en Mai sur une variante de Compostelle de Conques à Toulouse. Mais, comme il faisait encore relativement froid le soir, je ne l’avais pas essayée. C’est une simple bouteille de 500ml, et deux fois le même bouchon : un normal et un autre dans lequel j’ai fait des trous. Cela me permet soi de transporter de l’eau, soit de m’en servir…comme douche !

Je l’ai donc essayé sur le Camino del Norte…et quel bonheur de se doucher les soirs de bivouac ! Par contre, cela implique d’être dans un lieu de bivouac bien caché et à l’abris des regards pour se doucher complètement. En tout cas, en été c’est vraiment un petit plus qui en vaut la peine, on se sent bien plus propre qu’avec une toilette au gant ou à la lingette, je trouve. Et puis, cela permet aussi de se laver les cheveux !

Avec 500ml d’eau, j’ai réussit à me laver en entier (mais il faut quand même aller vite, on ne peut pas rester sous l’eau qui coule pendant 10mn comme on peut en avoir l’habitude avec une vraie douche :P). Pour en savoir plus sur le sujet de l’hygiène en bivouac, c’est dans cet article : L’hygiène en bivouac : tout pour rester propre !

Un commentaire

  • france55

    super reportage Suzanne. Merci du partage. je connais une femme qui a fait le Camino norte comme toi en bivouac…mais je n’ai pas eu la chance de lui en parler car elle habite au Quebec.

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