Chemin de Compostelle,  Randonnée,  Récit d'aventure

De Rouen à Compostelle, Étape 4

Malgré les tempêtes que nous avons eu en Normandie au mois de Février et de Mars, j’avais très envie de continuer mon Chemin de Compostelle au départ de chez moi.

Je suis donc repartie pour 2 jours de marche et 42 kilomètres à travers champs et petits villages pour relier la ville d’Évreux où je m’étais arrêtée lors de ma dernière randonnée, à celle de Dreux.

Pour cette marche, je suis accompagnée de deux amis. Notre départ se fait d’Évreux, et nous en profitons pour visiter rapidement le centre de la ville, ainsi que la cathédrale depuis laquelle nous commençons le chemin. Nous partons tard dans la matinée, car nous avons seulement 15 kilomètres à parcourir ce jour-ci.

Sur ce Chemin de Compostelle peu fréquenté, il n’est pas si évident de trouver des gîtes qui soient sur le tracé, ou qui accueillent les pèlerins à cette période. C’est pour cette raison que cette étape est découpée assez inégalement; 15 kilomètres le premier jour, et 27 kilomètres le deuxième pour atteindre Dreux.

Il en est de même pour le ravitaillement qui n’est pas le plus évident, car les petits villages traversés sont souvent très silencieux, et seulement quelques uns ont des commerces. A chaque fois que je pars sur ce Chemin, je prépare donc en amont les points de ravitaillement en eau et nourriture. Car même les points d’eau des cimetières que l’on peut trouver dans les petits villages peuvent être encore fermés à cette période de l’année.

Nous sortons assez rapidement de la ville d’Évreux, pour emprunter un chemin à travers champs. Si le soleil était au rendez-vous au départ, les nuages viennent obscurcir le ciel, mais le temps reste doux et nous échappons aux averses.

Nous prenons notre temps sur le chemin, et c’est très agréable de ne pas avoir à se presser. Le chemin suit sur une longue période le tracé rectiligne d’une ancienne voie romaine, à travers champs. Les journées se sont rallongées depuis ma dernière randonnée et cela fait du bien de pouvoir prendre son temps. Nous faisons une pause dans le village de Grossoeuvre.

Il n’est que 17 heures lorsque nous arrivons au gîte de Jumelles. Pour l’atteindre, nous devons quitter le balisage du chemin sur presque 1 kilomètre. Le gîte est situé dans belle propriété, qui propose plusieurs solutions d’hébergement ainsi qu’une grande salle de réception. Bien que nous sommes dans une période « hors saison », l’accueil des propriétaire n’en est pas moins chaleureux et nous avons même un petit cadeau qui nous attend : une bonne bouteille de jus de pomme local.

Le lendemain matin, le beau temps n’est pas au rendez-vous. Le vent souffle déjà fort lorsque nous quittons le gîte. Nous rejoignons le balisage du chemin, et c’est reparti : une grosse journée nous attend, nous avons 27 kilomètres jusque Dreux.

Le paysage est très plat, avec des champs à perte de vue. Le sol est assez boueux. Le vent continue de souffler fort, les averses vont et viennent. Et puis, ce n’est pas le paysage des plus enchanteurs que nous traversons. Pour moi, c’est l’occasion d’échanger avec mes amis autour de la marche comme moyen de méditation et d’introspection. C’est une vision qui n’est pas partagée par tous et c’est très intéressant pour moi d’avoir d’autres points de vue. La beauté du paysage traversé au cours d’une randonnée joue évidemment un grand rôle, mais il importe tout de même moins que l’action de marcher. En marchant dans un paysage plat, j’entre plus facilement en moi-même. Et je crois aussi que j’aime l’idée du défi psychologique que cela peut représenter. Me confronter au dépouillement extérieur pour aller puiser plus profondément dans ce qu’il y a, là, en moi.

Sans le savoir, nous nous écartons du balisage du chemin, au croisement d’un champ où nous n’avons pas vu le balisage. Cela rallonge de 3 à 4 kilomètres notre marche. Il est déjà 13h et nous ne sommes pas encore arrivés à Illiers l’Évêque où nous devons nous ravitailler ce midi. Nous commençons à nous interroger sur notre envie d’aller jusque Dreux aujourd’hui. Finalement, après une dernière averse qui nous arrive en pleine face, nous décidons de nous arrêter dans le prochain village.

Arrivés à Illiers l’Evêque sous la bruine, nous nous réfugions sous le porche de l’église. C’est ici que notre micro-aventure de deux jours se termine, à l’entrée du département de l’Eure et Loire. Je suis très contente d’avoir pu avancer jusqu’ici sur ce Chemin vers Compostelle. En arrivant dans ce nouveau département, je commence à ressentir une forme de dépaysement. Bien que je sois encore proche de mon point de départ, je sens déjà ma soif d’aventure trépigner au fond de moi : je quitte ici le chemin, mais il me tarde déjà de le continuer !

Et pour voir en vidéo cette aventure au complet c’est juste ici ⬇

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